Comment le Shiatsu Agit

En libérant la circulation de l'énergie on agit sur le plan physique bien sur mais aussi, en parallèle, sur les plans psychique et émotionnel.
On intègre aussi la dimension spirituelle: l'Homme est à la jonction entre la Terre et le Ciel. De ce contact dépend l'harmonie intérieure de I' Homme.
Le Shiatsu va contribuer à retrouver cette harmonie.

La pratique du Shiatsu c'est aussi travailler sur 3 plans

Un plan physiologique
Les pressions en libérant les toxines emprisonnées dans la couche profonde de la peau et en travaillant sur les chaînes tendino -musculaires du corps vont contribuer à dénouer et à débloquer les tensions, à améliorer les circulations sanguine et lymphatique. La prise en compte du corps dans sa globalité aide à une meilleure prise de conscience de la posture, des tensions.

Un plan convivial
Le Shiatsu apporte la possibilité de communiquer d'une façon plus authentique mais aussi plus profonde à travers la puissance des contacts énergétiques. C'est aussi le plaisir de donner et de recevoir dans une relation de confiance et de respect de l’autre. C'est enfin le plaisir de partager et de faire partager.

Un plan émotionnel
En amenant le patient à se relâcher, en libérant progressivement les tensions, en favorisant le lâcher -prise, ou bien en réveillant des zones douloureuses c'est à l’histoire du corps et à sa lente construction qu'on fait appel. On fait aussi référence à l’accompagnement psychique et émotionnel que chacun apporte.

 ELEMENTS THEORIQUES DU SHIATSU

 Le but du shiatsu est de préserver la santé c’est une technique préventive.

Il est souvent reproché aux praticiens de shiatsu leur manque de base théorique. pourtant nos grands ancêtres nous ont fourni nombre de pistes théoriques souvent un peu dévoyées par la tendance de plus en plus grande à basculer sur la MTC et la digitopressure. Il est bon de revenir à quelques fondamentaux.

T. Namikoshi cite 7 effets du traitement shiatsu qui stimulent le bon fonctionnement de l’organisme et l’aident à se maintenir en bonne santé :

1. Il revigore la peau

2. Stimule la circulation des liquides corporels.

3. Assouplit les tissus musculaires.

4. Rectifie les déformations du squelette.

5. Facilite l’harmonie du système nerveux.

6. Régularise le fonctionnement endocrinien.

7. Aide au bon fonctionnement des viscères.

D’après Kagotani, les effets du shiatsu se concentrent sur cinq axes principaux, le principal, de mon point de vue, étant le rôle central du shiatsu sur l’homéostasie via son action sur le système nerveux :

 

- Harmonisation du système nerveux

- Réflexe viscéro-cutanée et sensoriel ou douleur rapportée

- Circulation sanguine dans les artères

- Correction du squelette

- Relaxation

 

1)     Harmonisation du système nerveux


Votre corps possède trois systèmes de défense : le système nerveux, le système hormonal et le système immunitaire.

Une grande majorité des troubles courants qui nous empoisonnent la vie ne sont pas des maladies mais des malaises divers appelés "troubles fonctionnels". Pas graves au début, ces troubles peuvent s'aggraver, devenir chroniques et se transformer en maladie organique !

Deux exemples faciles à comprendre :

  • un stress, une contrariété vous bloque le muscle diaphragme. Les conséquences immédiates de ce blocage sont : une sensation d'oppression au niveau du plexus solaire, de brûlure à l'estomac (gastralgie). Dans un second temps si vous ne décontractez pas ce muscle une gastrite chronique va s'installer et, à terme une ulcération ou une hernie hiatale par glissement.
  • un faux mouvement vous bloque un étage vertébral correspondant aux nerfs qui commandent l'estomac. Là encore des troubles fonctionnels de type gastrite apparaissent et peuvent perdurer si le blocage n'est pas levé par une technique adaptée.

Chaque étage vertébral correspond à une tranche du corps humain (cela s'appelle un métamère). Chaque étage correspond à des muscles, des articulations, des organes et des viscères, des glandes exocrines (à sécrétions externes comme les glandes digestives) et endocrines (à sécrétions internes). Un blocage vertébral va créer une irritation ou un blocage des nerfs de la zone engendrant divers troubles selon la fragilité des tissus (réveil de problèmes irritatifs anciens, séquelles de traumatismes), mettant en jeu la "mémoire tissulaire du corps".

Le système nerveux autonome fonctionne de deux manières : soit il s’adapte (fonction parasympathique), soit il se ferme (fonction orthosympathique, ou sympathique).

C’est la fonction sympathique qui est responsable des blocages d’énergie et donc des dysfonctionnements de notre organisme. Lorsque le système nerveux autonome entre en déséquilibre, de nombreux symptômes apparaissent.

Le Shiatsu agit profondément sur le système nerveux autonome, c’est-à-dire sur

la partie du système nerveux responsable des fonctions automatiques :

- contrôle des muscles lisses et des muscles cardiaques, des fonctions respiratoire, digestive et cardio-vasculaire ;

- action sur la motricité et les sécrétions viscérales ;

- sur le plan sensoriel, traitement des informations en provenance de la sensibilité viscérale ;

- gestion des réactions de notre corps aux stimuli extérieurs.

Quand le shiatsu est donné, la surface de la peau est immédiatement stimulée, déclenchant une réponse dans le système nerveux. N'importe quelle stimulation sensorielle est automatiquement prise en compte par le système nerveux, puis interprétée par le cerveau.

La peau est sous l’influence prédominante du sympathique afin de protéger le corps du monde extérieur. S’il y a une atteinte du corps la région cutanée correspondante est sous protection du sympathique pour créer une sorte de défense musculaire. Le shiatsu-shi doit tenir compte de l’état jitsu ou kyo de la personne dans la régulation du système nerveux .

Le Shiatsu va stimuler le système parasympathique (le modérateur) afin de réguler le système nerveux autonome notamment à partir des pressions exercées sur le dos via une première ligne de pressions à rapprocher des points Hua Tuo (points curieux du dos hors méridiens) dont l’action est semblable à celle des points Shu du dos (Yu) qui leur correspondent.

Puis via les points Yu, points d’action directe sur les différentes fonctions organiques et psychiques des méridiens correspondants. Ils se situent sur les terminaisons de nerfs (les ganglions sympathiques) reliés aux organes internes par l’intermédiaire du rachis et du cerveau. Ils sont très utiles, bien sûr, dans la pratique pour effectuer le diagnostic énergétique de la personne.

En Shiatsu, on va beaucoup travailler sur les énergies nourricière et défensive afin de réguler les déséquilibres liés au système nerveux autonome.

En MTC, l’énergie Wei (défensive) est à rapprocher du système sympathique. Yang, rapide et mobile, elle circule hors méridiens. Elle protège l’organisme contre les agressions externes et circule à la surface de la peau. Pour certains, elle se situe au niveau des méridiens tendino-musculaires (cf. Kagotani).

L’énergie Yin Qi (nourricière) est à rapprocher du système parasympathique. Plus Yin, moins mobile, elle circule dans les méridiens. C’est l’énergie réparatrice de l’organisme.

2)      Réflexe viscéro-cutanée et sensoriel ou douleur rapportée

Quand des dysfonctionnements se produisent dans les organes internes, l’excitation des nerfs sensoriels viscéraux correspondants agit sur les cornes postérieures de la moelle épinière

sur le système nerveux autonome qui leur est associé, sur les nerfs sensoriels de la peau et des muscles provoquant ainsi une hyperesthésie - L'hyperesthésie se traduit par une sensibilité exacerbée des différents sens. Cela affecte la perception des sensations douloureuses, vibratoires, thermiques ou tactiles - (zone de Head En 1893, celui-ci découvre que les organes internes sont connectés à certaines zones spécifiques de la peau par le biais de voies nerveuses. Par la suite, ces régions cutanées seront appelées points de Head ou points réflexes.)

 et une tension musculaire excessive qui produisent raideurs et douleur.

Ce processus appelé douleur irradié est très important pour le diagnostic des troubles des organes internes .

Le shiatsu appliqué sur les parties hypersensibles ou tendues du corps met en route un processus inverse. Suivant sa force, sa durée la pression appliquée sur le corps provoque des réflexes dans les organes internes les aidant à retrouver un fonctionnement correct. On peut utiliser le shiatsu en stimulantles tsubos qui se trouvent dans les zones d’hyperesthésie. La théorie du réflexe cutanéo-viscéral offre sa base théorique au mécanisme  du shiatsu.

Correction du squelette

En shiatsu on n’agit pas directement sur les os mais on traite les muscles et les ligaments de ces os afin de leur redonner leur propre souplesse; un déplacement vertébral minime est souvent dû à la contraction importante des muscles voisins.

Le squelette revient à une position plus juste lorsque la tension exagérée des muscles voisins s’atténue et redevient normale.

 

Relaxation

Aujourd’hui l’Homme est de plus en plus confronté aux stress de la vie quotidienne qu’elle soit sociale ou privée. Le stress peut être lié à la charge de travail, à l’organisation, aux relations interpersonnelles, à l’environnement physique et technique, à l’environnement socio-économique. Le stress devient néfaste lorsqu’il s’inscrit dans la durée ou lorsqu’il devient trop intense. Ses effets, de nature physique (douleurs, troubles du sommeil…) et psychologique (modification du comportement, difficultés à se concentrer, à prendre des décisions…), peuvent entraîner nombre de pathologies comme les maladies cardiovasculaires, les troubles de l’humeur (dépression, anxiété, colère) et les troubles musculo-squelettiques (TMS).

L’homme isolé de plus en plus souvent est obligé de s’opposer seul aux conséquences de l’évolution économique, sociale et politique de la société.

Le stress exige une forte capacité d’adaptation et devient ainsi une cause importante de maladie. Beaucoup de troubles fonctionnels sont d’origine nerveuse et traduisent l’effet du moral sur le physique.

Le shiatsu est une des techniques de relaxation permettant à l’individu de se déstresser, de se rassurer , de se réassurer.

L’échange et la relation entre donneur et receveur est d’autant plus importante si le patient ressent la compassion du donneur lui apportant la détente recherchée.